La voie romaine

A l'Etoile d'Alaï, la voie Romaine passait à gué, en aval des deux ponts, à 200m environ de ceux-ci.

Pour se faire une idée de son passage au gué, il suffit de se placer au premier virage qui suit l'Etoile d'Alaï, en direction de Craponne. En regardant vers la colline opposée, à l'Ouest, on distingue nettement une trouée dans un environnement de bois et de maisons. C'est la Voie Romaine. Pour la retrouver poursuivons notre chemin le long de la départementale n°489 en direction de Craponne. Tout de suite après le premier virage suivant le nouveau pont d'Alaï, sur la droite, on la retrouve sous la forme d'une route à forte pente, peu carrossable, qui accède au plateau.
La voie aborde alors le plateau lyonnais et croise le chemin allant du village de Tassin à Francheville. Après 300m environ, elle entre sur le territoire de la commune de Craponne.

Au sortir d'Alaï, la voie se dirige d'une manière quasi-rectiligne vers le Tupinier et, ce faisant, s'élève en trois fois jusqu'au plateau de Craponne, qu'elle atteint après une courte montée l'amenant au nord des Tourillons, vestiges de l'Aqueducs nommés le Tourillon ou les Tourillons.

Se dirigeant toujours vers l'ouest, elle s'arrête alors brutalement à l'intersection de ce qui est aujourd'hui l'avenue Joseph Gladel.
En réalité, elle continue par l'impasse « voie Romaine » qui se poursuit par la « Ruette », passage étroit entre deux murs écartés d'environ 90cm et qui débouche sur la rue de Ponterle actuelle.
On pourrait penser que la voie oblique alors au sud et rejoint la D 489 puis le Tupinier et enfin Grézieu par la D 24.
L'examen du cadastre et des limites de propriétés montre toute autre chose. La voie Romaine se continue presque en ligne droite en direction du carrefour de la D 489 avec la rue Blanche Dumont allant à Corlevet aujourd'hui. La voie rencontre cette rue un peu en amont de ce carrefour.
Sur cette portion, force est de constater la cannibalisation de la voie antique par les propriétés voisines.

Nous voilà donc au carrefour de la route de Bordeaux et de la rue Blanche Dumont. Deux possibilités s'offrent à tous pour la suite du parcours.
La première, la plus classique, confond le passage de la voie Romaine avec celui de la D 489 jusqu'au Tupinier où, par une bifurcation on rejoint Grézieu par la D 24. Dans cette hypothèse, on atteint ce village par le sud. En faveur de cette solution, on peut citer un texte de 1773, extrait des minutes de l'archevêché, qui indique que les paroissiens de Craponne peuvent aller à l'église de Grézieu « par le nouveau grand chemin de Lyon à Yzeron et Montbrizon (D 489) et ensuite depuis le tournant du Tupinier par l'ancien grand chemin de Lyon à St Bonnet-le-Froid traversant le bourg de Grézieu ».
La seconde, un peu moins classique, envisage un tracé qui, par une courbe régulière, emprunte la rue Blanche Dumont, va sur le Corlevet, passe aux Pierres Blanches et rejoint ensuite la D 30 puis Grézieu par le nord.
Cette solution a le mérite d'éviter la côte assez raide du Tupinier, bien connue de nos anciens qui, lorsqu'ils utilisaient encore le cheval, la redoutait un peu car « plus on s'élève, plus elle monte ». Cette dernière hypothèse se confond aussi avec le témoignage oral. Sur cette base, au début du siècle, une carte fut même établie avec un tracé semblable à celui que nous envisageons et intitulé « Ancienne voie Romaine ouverte sous Agrippa ».
Alors qu'en conclure ?
La réponse doit être nuancée. Une solution hybride peut être envisagée, celle qui voit la voie Romaine passer d'abord par le contournement du Tupinier, et ensuite par le Tupinier, du fait de l'importance de Grézieu qui s'affirme, des moyens de transport qui s'améliorent, du Tupinier qui devient une position stratégique permettant de contrôler tout le plateau de Craponne.
N'oublions pas aussi que l'Aqueduc est certainement à l'origine de la voie. Où passait-il entre Grézieu et Craponne ? Selon quel parcours ? Les réponses à ces questions nous permettront de mieux connaître l'aqueduc et la voie, deux vestiges intimement liés.