la blanchisserie

Dès le 18ème siècle, les médecins lyonnais recommandaient "Craponne " pour la santé des nourrissons en raison de son air salubre.

Beaucoup d'enfants furent donc mis en nourrice à Craponne. Les mères nourricières profitant des eaux de l'Yzeron et du Ratier, lavaient le linge de ces bébés et les parents, lors des visites qu'ils faisaient à leurs enfants, apportaient aussi leur propre linge à blanchir.
La terre étant pauvre, beaucoup de paysans de Craponne comprirent vite le profit qu'ils pourraient tirer de cette activité de blanchissage qui va donc se développer rapidement.


En 1861
, 165 ateliers employant 700 personnes vivent du blanchissage. A cette époque, les blanchisseurs installent sur les bords de l'Yzeron des lavoirs couverts appelés "plates". Les laveuses ou laveurs s'agenouillent sur une petit botte de paille derrière un banc du buille ou planche à laver et avec le savon, la brosse et le batillon, lavent le linge.
Au début du 20ème siècle, alors que la commune de Craponne n'a que 2000 habitants, 256 ateliers de blanchisseurs fonctionnent. Comme l'électricité et l'eau du Rhône arrivent au village même, la plate devient atelier avec une chaudière maçonnée pour avoir l'eau chaude, une gerle ou cuvier pour y mettre le linge à bouillir et le bagnon de dessous pour récupérer l'eau.

Après la 1ère guerre mondiale, grâce à la chaudière à vapeur et au "tambour américain ", le blanchisseur devient un véritable artisan, employant de nombreuses ouvrières repasseuses en particulier, allant chercher le linge à domicile et le ramenant bien propre, essoré, séché, repassé et parfois amidonné.

Après la 2ème guerre mondiale, tout change : les premières machines à laver familiales arrivent sur le marché, des "pressings " ouvrent leurs portes, le transport du linge devient de plus en plus difficile à cause des difficultés de stationnements à Lyon. De nouvelles fibres textiles nécessitant moins de repassage apparaissent, le genre de vie se modifie et les ateliers de blanchisseurs commencent à disparaître : de 150 en 1946, il n'y en a plus que 47 en 1966, 9 en 1990 et 3 en 1997.

Aujourd'hui cette activité s'est industrialisée, mécanisée, automatisée et une "blanchisserie" peut maintenant traiter 15 tonnes de linge par jour.